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l'agent de coordination des decheteries valor3e réalise une caractérisation sur une benne de déchets ultimes valorisables

Pourquoi analyse-t-on les déchets non-valorisables en déchèteries ?

Depuis quelques mois, Valor3e utilise une nouvelle technologie pour aider à analyser les déchets ultimes non valorisables déposés en déchèteries : le capteur Akanthas. L’objectif est de mieux savoir ce qui se trouve dans ces bennes, d’identifier les déchets qui pourraient encore être valorisés, et de respecter la limite d’éléments valorisables imposée par la réglementation.

Après plusieurs mois d’utilisation, que nous apprennent les premières caractérisations ?

Les déchets ultimes : que sont-ils ?

À la déchèterie, les déchets sont répartis par famille de valorisation, dans différents contenants : bois, métaux, gravats, mobilier, végétaux, déchets électriques, déchets dangereux… Il reste ceux qui n’ont aucune filière, non dangereux et qui ne peuvent ni être recyclés, ni réutilisés : les déchets ultimes.

Pour limiter leur impact et trouver la solution « du moins pire », on sépare ces déchets en deux sous-familles :

  • Les déchets ultimes valorisables, c’est-à-dire qu’on transformera en ressource énergétique. Il s’agit des déchets dont le pouvoir calorifique est suffisamment important lorsqu’ils sont brûlés pour pouvoir alimenter des réseaux de chaleur ou des fours industriels. Réduits en petits morceaux, ces déchets deviendront un Combustible Solide de Récupération : CSR.
  • Les déchets ultimes non valorisables, ceux qui ne peuvent ni être recyclés, ni valorisés sous forme d’énergie. C’est par exemple le cas de la laine de roche, dont le pouvoir calorifique est très faible. Ils seront enfouis.

L’objectif est de limiter au maximum ce qui arrive dans cette dernière benne : tout ce qui peut être réemployé, recyclé ou valorisé doit pouvoir rejoindre la bonne filière.

Mais, entre la théorie et la réalité il peut y avoir un écart : un objet peut être déposé dans la mauvaise benne, ou peut être difficile à identifier, une filière peut avoir évolué, ou n’est tout simplement pas mise en place sur une déchèterie trop petite.

Toutes ces raisons font que certains déchets valorisables peuvent atterrir dans la benne de déchets non-valorisables… C’est justement ce que nous cherchons à mesurer avec les caractérisations.

Une caractérisation, c’est quoi ?

Une caractérisation consiste à analyser précisément la composition d’un flux de déchets. On part d’une benne vide, qui est pesée avant et après la caractérisation.

Concrètement, on analyse le contenu déposé dans la benne de déchets ultimes non valorisables pendant une période définie, et on cherche à savoir ce qu’elle contient : quels types de déchets, quelles matières, quelle proportion de déchets valorisables et quelle proportion de déchets réellement non-valorisables.

On ne compte pas simplement les déchets. On cherche à savoir la part des déchets qui pourrait être valorisée dans une autre benne, ou dans une autre filière, plutôt que d’être enfouie.

Ces analyses permettent de mieux maîtriser ce flux, et ainsi d’identifier les marges de progression et les actions à mettre en place.

Pourquoi caractériser les déchets ultimes non valorisable ?

Tout d’abord, parce que c’est imposé par la loi. La réglementation impose de faire des caractérisations des déchets non dangereux destinés à l’enfouissement. La part d’éléments valorisables ne doit pas dépasser 30% du contenu de la benne.

Ensuite, nous l’avons dit, pour mieux connaître ce que nous traitons. Les déchets ultimes, valorisables ou non, sont la dernière solution d’orientation des déchets en déchèteries. Le bout de la chaîne. Connaître la typologie des déchets qui composent ces flux permet de savoir si les filières installées sur les déchèteries sont suffisantes et adaptées.

Si les caractérisations montrent qu’une part importante pourrait rejoindre une autre filière, cela pourrait donner une piste de réflexion : faut-il rajouter cette filière sur la déchèterie ? Si elle existe déjà, la consigne de tri est-elle claire ? Faut-il former les agents et sensibiliser les habitants ?

Les caractérisations deviennent un vrai outil d’observation et d’aide à la décision.

La technologie Akanthas, à quoi sert-elle ?

Traditionnellement, caractériser une benne signifie étaler les déchets et les analyser un par un. Pour le cas d’une benne de 35m³, l’opération est impossible à réaliser sur le quai d’une déchèterie.

L’analyse se fait donc directement dans la benne, couche par couche, au fur et à mesure que les déchets s’entassent.

Initialement réalisée par notre Agent de coordination des déchèteries, ce travail minutieux consistait à évaluer visuellement, pendant 3 heures, le contenu de la benne. Une opération difficile en cas de grande affluence en déchèterie.

Avec Akanthas, une partie de ce travail est automatisée grâce à l’intelligence artificielle.

Une caméra est positionnée au-dessus de la benne. Avec un capteur de reconnaissance, la caméra capture toutes les 30 minutes en photo le contenu de la benne.

Les images sont ensuite analysées par l’intelligence artificielle, qui identifie les déchets visibles et les classe selon différentes catégories.

Les données sont enfin regroupées dans une plateforme qui permet de produire un rapport de caractérisation. L’intérêt est notamment de disposer d’images avec les résultats associés.

Exemple d’un rapport Akanthas, à gauche la photo prise, à droite l’analyse par l’IA :


Procédure de caractérisation avec Akanthas :

Bilan des premiers mois d’utilisation

Depuis la mise en service de l’outil en avril dernier, 22 caractérisations ont été réalisées sur les déchèteries du territoire. Soit plus de 132 heures d’analyses ; 60 types de déchets identifiés.

Les déchets valorisables les plus fréquemment présents dans les bennes sont : les plastiques (rigides, souples, polystyrènes), les cartons et des sacs poubelles noirs.

Pourtant certains de ces flux, notamment plastiques rigides et cartons, ont une benne de collecte dédiée sur l’ensemble des déchèteries. Pour autant, ces résultats ne signifient pas que les usagers « trient mal ». Ils permettent surtout de voir concrètement ce qui arrive dans les bennes et de comprendre où se situent les difficultés pour voir si des solutions sont envisageables.

Grâce à ces caractérisations, on a une photographie en temps réel que nous pourrons comparer au fil des années et ainsi évaluer les progrès.

Quels sont les avantages de cette technologie ?

Le premier avantage est évidemment le gain de temps. Une caractérisation manuelle peut être longue et nécessite de mobiliser plusieurs personnes. L’automatisation permet de réduire une partie de cette charge.

Deuxième avantage : la traçabilité. Les images et les résultats sont conservés sur la plateforme. Cela permet de retrouver les données d’une caractérisation et de disposer d’éléments visuels pour analyser les résultats.

Troisième avantage : la possibilité de multiplier les observations. Plus il y a de caractérisations, plus nous pouvons construire une connaissance fine de nos flux et repérer les tendances.

Mais attention, il faut garder quelques limites en tête :

Une caractérisation ne représente qu’une journée d’activité. Selon la période, les habitudes des usagers ou les déchets déposés ce jour-là, certaines matières peuvent être exceptionnellement plus présentes que d’habitude. Les résultats donnent donc une tendance, mais ne permettent pas à eux seuls de tirer des conclusions définitives sur l’ensemble du flux.

Malgré ses atouts, l’intelligence artificielle ne remplace pas l’expertise humaine. La caméra Akanthas est un outil d’aide à l’analyse. Elle ne remplace pas le regard humain sur le déchet. Une caméra ne voit que ce qui est visible. Un déchet peut être masqué par un autre, ou contenu dans un sac poubelle noir opaque. Il est donc difficile à identifier ou impossible à distinguer correctement sur une image. Les résultats sont ensuite vérifiés et interprétés par notre Agent de coordination des déchèteries afin d’affiner les résultats.

L’intelligence artificielle progresse, mais elle ne connaît pas le contexte d’un déchet comme peut le connaître une personne qui travaille quotidiennement dans le traitement des déchets.

On ne choisit pas entre technologie et expertise humaine, le premier est au service du second.

Ces premières caractérisations ne sont qu’un début. Au fil des année, Valor3e poursuivra le contrôle de la conformité de ses bennes et la collecte d’information sur son flux de déchets non valorisables. Ainsi, lorsque les filières évolueront, Valor3e sera rapidement en mesure de savoir quelle part de déchet pourra être réorientée et valorisée, de mesurer les impacts humains, économiques et financiers de cette nouvelle filière.


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